Un Kazan haletant et méconnu, premier film sur le Vietnam et ses traumatismes.
un film de ELIA KAZAN.
Bill Schmidt et Marthe Wayne vivent à la campagne avec Harry, le père de Martha, un écrivain de westerns. Par un jour d’hiver deux étrangers, Mike et Chico débarquent chez eux. Ils viennent de passer deux ans en prison pour avoir violé une jeune indigène pendant la guerre du Vietnam. Venus pour se venger de Bill qui les a dénoncés, ils se lient d’amitié avec son beau-père, un macho qui méprise son gendre. L’engrenage est en place pour une journée de violence.
Aucun grand réalisateur américain d’un statut égal ne s’est jamais lancé dans une aventure comparable à celle des Visiteurs. A plus de 60 ans, Kazan, incapable de trouver le financement pour ce projet audacieux auprès des grandes compagnies, est reparti à zéro. Pour 100 000 $, avec une équipe de quatre techniciens et autant de comédiens débutants (plus un vétéran de l’Actors Studio), il a tourné en 1971 avec une caméra Super 16 et dans sa maison de campagne le premier film sur le conflit vietnamien et le retour des combattants traumatisés par leurs expériences au front. Dans Les Visiteurs, qui révéla James Woods, on retrouve son prodigieux talent pour tirer le meilleur de ses interprètes, pour créer un climat de tension et un récit haletant, pour traiter une fois de plus des affres de la culpabilité et des problèmes de la délation.