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Colin Farrell
Colin Farrell (MARTY) lit beaucoup de scénarios. « De temps en temps, les mots vous sautent littéralement à la figure. C'est le cas de ce script. Il vous file une trempe, vous botte les fesses et vous offre une balade inoubliable. Alors, pas de doute, j'étais ravi de travailler à nouveau avec Martin. »
« Il a une façon bien à lui d'associer les mots qui a un effet incroyable sur l'imagination » explique l'acteur. « Tout ce qu'il écrit a une vraie profondeur émotionnelle : l'humour, la confusion, la violence, les dialogues pleins d'esprit... Il y a un tel lyrisme dans les scènes, l'intrigue et les personnages. Mais tout cela est porté par une vérité sous-jacente. Les personnages sont motivés par une vérité : l'amour d'un animal familier, le besoin d'aider un ami, l'envie de se rapprocher de l'être aimé, l'ambition. Dans le monde du cinéma, il existe des voix capables de livrer des textes tout en nuances, uniques, avec une vraie attention portée aux personnages. Si vous fermez les yeux et que vous vous concentrez sur les dialogues, vous reconnaissez la voix de Martin. »
Quand McDonagh a présenté le rôle à Colin Farrell, il lui a demandé de conserver son accent irlandais. « Je ne voyais pas pourquoi un scénariste à Hollywood ne pourrait pas être irlandais, explique le réalisateur. Colin s'est imposé tout de suite pour le rôle principal, il est génial. »
L'acteur aime se plonger dans le passé des personnages qu'il incarne. « Je trouve qu'il est important de comprendre d'où vient Marty, explique-t-il. Il est tombé amoureux de ce titre de film, mais sans parvenir à créer le moindre psychopathe. Marty est célèbre pour la justesse de ses dialogues et la violence de ses scénarios, mais il essaye de s'affranchir de cette violence pour écrire une histoire qui parle au fond de paix et d'amour. »
« Billy pense que Marty est l'un des plus grands auteurs de sa génération. Mais il veut aussi participer au travail d'écriture de son ami, ce qui pose parfois problème. Il utilise seulement des moyens un peu extrêmes pour l'aider » explique l'acteur.
Quand Colin Farrell a lu le scénario pour la première fois, il a d'abord été attiré par le rôle de Billy, qu’interprète Sam Rockwell dans le film. « Il a des répliques géniales. Et puis j'aurais été en terrain connu, parce qu'il ressemble un peu à Ray, mon personnage dans Bons baisers de Bruges. Marty est plutôt un observateur, et au fond, c'est le seul qui soit vraiment sain d'esprit. Billy est complètement barré, les autres sont plutôt dingues aussi. Ils sont tous fous, en fait! »
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Woody Harrelson
Lorsque Billy vole Bonny, « il prend vraiment un gros risque » explique Woody Harrelson (CHARLIE). « C'est le petit Shih Tzu bien-aimé de Charlie. Son enlèvement met le feu aux poudres. Charlie et ses hommes de main sont prêts à tout pour le récupérer. »
Pour l'acteur, ce qui fait de Charlie un psychopathe, c'est « cette impression qu'une grande violence est constamment en train de bouillir au fond de lui, prête à exploser. Charlie pense qu'il est plus malin que tout le monde. Il a du mal à supporter les autres. »
Charlie a de nombreux problèmes dans le film. L'un d'eux concerne son arme de prédilection. « Charlie adore la crosse de son revolver, explique Harrelson. Elle est assez travaillée, bleue avec de petits crânes. L'arme a tendance à mal fonctionner, mais il l'utilise quand même. » Ce n'est qu'un aperçu parmi d'autres du psychisme perturbé du personnage.
L'acteur nominé aux Oscars Woody Harrelson (The Messenger, Rampart) a obtenu le rôle deux semaines seulement avant le début du tournage. « J'avais lu Lonesome West. J'étais impressionné par cette pièce à la fois brillante, sombre et drôle... la plus drôle jamais écrite ! J'ai rencontré Martin, il m'a fait lire The Pillowman et m'a proposé un rôle dans la pièce. J'ai trouvé que cette fois, la noirceur l'emportait sur la légèreté, et j'ai préféré décliner son offre. Mais quand j'ai vu la pièce à Broadway, je me serais donné des claques. Le jour où on m'a remis le scénario, je me suis juré de ne pas refaire la même erreur. Charlie est un rôle en or. »
Harrelson ajoute que l'humour de McDonagh, loin de se limiter au script, « est aussi perceptible dans sa façon de filmer. Et puis il tient vraiment à ce que les acteurs se sentent bien sur le tournage, il prend le temps de faire le point avec vous. Après une journée de travail, il vous envoie un texto pour vous dire que vous avez fait du bon boulot. »
« Se lever le matin pour aller tourner une scène avec Christopher Walken, pour moi, c'était le paradis. Walken est une putain de légende ! Avant de commencer le tournage, je disais à mes amis : "Je suis carrément grisé et survolté à l'idée de tourner une scène avec lui !" »
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Sam Rockwell
« La loyauté de Billy envers Marty est indéfectible, peut-être au point d'être un peu malsaine » explique Sam Rockwell (BILLY). « Marty est son meilleur ami, et Billy essaye de l'aider à écrire son scénario. Il se laisse un peu emporter. Leur amitié ressemble assez à celle de Chazz Palminteri et Sean Penn dans Hollywood Sunrise, ou à celle de Harvey Keitel et Robert De Niro dans Mean Streets. Ils sont dans un drôle de rapport de dépendance affective, avec beaucoup d'amour et de pardon, et une pointe de colère aussi. »
Quand il a été question de donner plus de profondeur et de complexité au personnage de Billy, McDonagh et Rockwell (Iron Man 2, Frost/Nixon) ont fait appel à certaines icônes du cinéma. « On peut y voir une référence à Travis Bickle (le personnage de De Niro dans Taxi Driver) ou à Johnny Boy (De Niro encore) dans Mean Streets. Martin a une vision très précise de ce qu'il recherche. Il sait exactement ce qu'il veut pour le personnage, d'un point de vue esthétique et émotionnel. Nous avons décidé de jouer la carte du réalisme, plutôt que celle de la comédie, et de nous concentrer sur l'enjeu. L'humour vient de l'absurdité de la situation : Billy joue très gros, mais il traite tout cela avec désinvolture, alors qu'une personne normale comme Marty se rend bien compte de l'énormité de la situation. »
McDonagh et Rockwell avaient déjà travaillé ensemble pour A Behanding in Spokane, une pièce montée par le réalisateur à Broadway, dans laquelle jouait également Christopher Walken. McDonagh était admiratif du travail de Rockwell, qui l'avait enthousiasmé sous les traits de Jerry, un apprenti tueur à gages, dans la comédie pleine d'humour noir Jerry and Tom (1998). « L'un des atouts de Sam, c'est qu'il est à la fois un grand acteur comique et dramatique, explique McDonagh. J'avais besoin de ces deux facettes pour le rôle. Billy est à la ramasse, mais le spectateur l'aime quand même, presque malgré lui. »
« À vrai dire, j'ai mes petits moments de folie tous les jours ! » lance Rockwell avec malice. « Nous sommes tous des psychopathes en puissance. Nous choisissons juste d'essayer de nous maîtriser. »
Rockwell partage beaucoup de temps à l'écran avec un des seconds rôles en particulier : Bonny. « Bonny est un chien que Billy vole et garde en otage, explique-t-il. Mais il se trouve qu'il appartient au gangster Charlie Castillo. À partir de ce moment, les choses tournent mal » du point de vue de Billy.
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Olga Kurylenko
Pour Olga Kurylenko (ANGELA), cela ne fait aucun doute : « Angela aime les psychopathes. Elle est attirée par les mauvais garçons. »
« Angela est la petite amie de Charlie, et elle joue un jeu très dangereux. Elle doit tout le temps rivaliser avec Bonny pour attirer l'attention et l'affection de Charlie. »
Olga Kurylenko (A la merveille) est surtout célèbre pour avoir incarné la James Bond Girl Camille dans Quantum of Solace. Quelle est sa définition d'un psychopathe ? « Oh, j'en ai rencontré quelques-uns dans ma vie. Ils sont nombrilistes et déconnectés de la réalité. Il faut toujours que tout tourne autour d'eux. »
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Christopher Walken
« Je ne trouve pas que Hans est un psychopathe, » explique Christopher Walken (HANS). «C'est juste un type qui vole des chiens et qui les rend en échange d'une récompense... »
« Le génie de Martin, c'est d'avoir inventé ce psychopathe qui refuse toute forme de violence, » s'enthousiasme Graham Broadbent, le producteur.
Le rôle a été fait sur mesure pour un acteur du calibre de Christopher Walken (Voyage au bout de l'enfer, qui lui a valu un Oscar ; Arrête-moi si tu peux), explique McDonagh. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur la pièce A Behanding in Spokane, pour laquelle l'acteur avait reçu une nomination aux Tony Awards. « C'est l'un de mes héros depuis que je suis tout petit, » avoue McDonagh.
« Vous savez, les acteurs adorent les dialogues ciselés, et Martin écrit des dialogues formidables, » remarque Walken. « Lorsque nous avons fait cette pièce ensemble, nous avons répété pendant six semaines. Martin était là tous les jours. Il ne disait pas grand-chose, mais il était là. C'est en côtoyant régulièrement une personne qu'on apprend vraiment à la connaître. J'aime retrouver des gens avec lesquels j'ai déjà travaillé. Tout est tellement plus facile. »
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Abbie Cornish
Abbie Cornish (KAYA) présente ainsi son personnage : « Au début de l'histoire, Kaya est à deux doigts de prendre le large. Elle a besoin de changement. Son couple bât de l'aile. Elle en a assez de voir Marty boire, flemmarder et passer tout son temps avec Billy, qui d'après elle a une mauvaise influence sur lui. Ils n'ont plus grand chose en commun, plus grand chose à quoi se raccrocher. »
Même si Kaya est le personnage le plus honnête du film, sa soif d'attention vis-à-vis de son petit ami frise parfois le délire. « Les psychopathes ne sont pas toujours conscients de leur comportement déviant » explique-t-elle. « Pour eux, c'est juste une façon d'être. Des actes qui sembleraient complètement fous aux yeux de certains leur paraissent tout à fait normaux. Billy est la plus parfaite démonstration de ce phénomène. »
Abbie Cornish (Limitless, Sucker Punch) a sauté sur l'occasion de jouer Kaya, principalement pour avoir la chance de prendre part à cette distribution prestigieuse.
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Tom Waits
« J'ai tout de suite demandé : "Mais d'abord, qu'est-ce qu'il pense des psychopathes ?" » évoque Tom Waits (Le Livre d'Eli, L'Imaginarium du docteur Parnassus) pour décrire son personnage ZACHARIAH, un homme étrange et perturbé, au passé violent. « Pour commencer, un psychopathe n'utiliserait jamais ce terme pour parler de lui ou de quiconque. C'est le mot à ne pas prononcer. Il y a peut-être de vrais psychopathes dans votre entourage. Impossible de le savoir avec certitude avant que les choses ne dérapent. Ils vivent parmi nous. Ce sont des gens qui portent en eux de lourds secrets. Mon personnage est profondément amoureux de sa femme, ils sont séparés mais il voudrait la retrouver. »
« Oh, et puis il a un lapin aussi. Où est le problème? » demande Tom Waits. « J'ai passé des journées entières à pourchasser des lapins dans un jardin sur le plateau. Si vous lâchez un lapin, bonne chance pour le rattraper ! J'ai parlé au dresseur de lapins sur le tournage, il m'a appris à bien les tenir pour qu'ils se tiennent tranquilles, parce qu'un lapin qui s'échappe de vos bras, ça peut vous bousiller une journée de tournage. Si je devais choisir un petit compagnon, pas sûr que je prendrais un lapin. C'est plutôt une caractéristique de mon personnage. »
« Je n'aime pas trop que les gens pensent à moi en se disant "Il te faut un psychopathe pour le rôle ? Tu n'as qu'à prendre Tom !" Je trouve ça un peu inquiétant. Et puis, après ce film, je ne pourrai plus jamais jouer un père. "Quel genre de père ferait-il ?" » plaisante Waits.
Il poursuit plus sérieusement : « Je me suis bien amusé à tourner ce film. Martin et moi nous sommes croisés il y a quelques années, alors qu'il essayait de monter une sorte d'opéra, mais ça n'a pas marché. C'est quelqu'un de très poétique, et il a toujours quelque chose à dire. Disons simplement que ce film est une sorte de virée foutraque. »
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Un Shih Tzu : un toutou nommé désir
Il y a les castings, et puis il y a les annonces sur le net.
Un mois avant le début du tournage, Claire Dore, la responsable du dressage au sein de la Performing Animal Troupe (PAT) qui aidait Martin McDonagh dans sa quête du chiot idéal, lui annonça que PAT venait d'adopter pour le rôle un Shih Tzu âgé de dix mois, repéré grâce à une petite annonce sur internet. McDonagh avait déjà vu des dizaines de Shih Tzus pour le rôle clé du compagnon à quatre pattes. Le chien s'appelait justement Bonny, comme le toutou chéri de Charlie dans le scénario. C'était un signe, un exemple de plus de la vie imitant l'art !